Journal d'un caféïnomane insomniaque
lundi décembre 9th 2019

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Adios, Tierra del Fuego – Jean Raspail

Araucanie, Patagonie, Terre de Feu, détroit de Magellan, Cap Horn, Port-Famine, Ushuaïa, Punta Arenas, Alakalufs, Yahagans, Mapuches… Ces noms enchanteurs ont fait rêver bien des générations d’enfants – celles d’avant la télévision et le numérique, quand l’enfance était encore possible. Ils évoquent pourtant des peuples disparus ou presque, des terres hostiles que mère-nature a taillées à la pointe de l’eskiltuna, ce couteau traditionnel du Sud fuégien… Lire Raspail donne envie de relire Francisco Coloane, à moins que ce ne soit le contraire…

L’auteur du Camp des Saints et du Roi au-delà de la mer est aussi un explorateur qui a, lui aussi, enfourché sa monture et quitté la ville au crépuscule par la porte du Sud qui n’était plus gardée… C’est un plaisir enfantin que de l’accompagner en Terre de Feu pour une tournée d’adieux et un devoir de mémoire accompli. Sur les traces des Fuégiens et d’Orélie-Antoine 1er, roi de Patagonie, Raspail essaime quelques signes sur une piste au bord de laquelle on se prend à rêver lui emboiter le pas.

Raspail ou l’aventure de la Patagonie vivante. Consul général de Patagonie ayant rallié nombre de preux chevaliers à sa cause, Raspail a repris aux British l’archipel des Minquiers, lâché par la France, devenu la Patagonie Septentrionale, sise au large de Granville et Saint-Malo, entre Jersey et Chausey. Cette réponse à l’invasion des Malouines par Thatcher provoqua l’incrédulité moqueuse avant de se métamorphoser en quelques remous diplomatiques et force unes de presse, dont celle du notable Times !

Adios, Tierra del Fuego, un peu d’aventure et de poésie dans notre monde terne et déclinant ; un peu de justice rendue aux Alakalufs et autres Yahagans ; les honneurs et la gloire aux rêveurs et au roi d’Araucanie et de Patagonie, Sa Majesté Orélie-Antoine 1er de Tounens, et ses successeurs… son cosas de Patagonia

Philippe Rubempré

Jean Raspail, Adios, Tierra del Fuego, Éditions Albin Michel, 2001, 390 pages.

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