Journal d'un caféïnomane insomniaque
lundi août 10th 2026

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Le Bon Dieu sans confession – Paul Vialar

Mais qui est réellement François Dupont ? A priori, un honnête commerçant, un époux aimant, un père attentionné. A priori seulement. Dupont décède dans une garçonnière où il n’aurait jamais dû – théoriquement – être. Lors de ses obsèques, le défilé de la famille et des relations offre à Paul Vialar l’occasion d’un jubilatoire portrait croisé de ce François Dupont à qui l’on confierait Le Bon Dieu sans confession.

Écrivain prolifique des années 1930 à l’année 1980, Paul Vialar est un peintre vivace des mœurs de son temps. Un artisan de l’écriture, une plume soignée et efficace qui s’efforce d’épouser ce qu’elle retranscrit. S’il n’a évidemment pas le génie d’un Balzac ou d’un Zola, Vialar est loin d’être dénué de talent, et la lecture de ses romans – je vous renvoie particulièrement à sa somme romanesque La Chasse aux hommes – porte néanmoins une ambition vivante. C’est ce qui caractérise son œuvre : des histoires singulières, bien troussées, une écriture expressive et « immersive », pour ainsi dire.

Le Bon Dieu sans confession ne déroge pas à ce constat. Sous une apparence faussement facile, le roman est construit très habilement, tout en analepses, kaléidoscope de de la vie de François Dupont perçue par chacun des protagonistes de ce drame bourgeois, avec un extraordinaire potentiel cinématographique. Nous n’avons pas visionné l’adaptation de Claude Autant-Lara ; on se prend toutefois à regretter qu’un Chabrol – le grand, celui de Que la bête meure ou du Boucher – ne se soit pas emparé de cette fine autopsie du modus vivendi petit bourgeois…

Un auteur oublié, un peu, mais à (re)découvrir avec plaisir !

Philippe Rubempré

Paul Vialar, Le Bon Dieu sans confession, [Flammarion, 1953] Éditions J’ai lu, 1971, 375 p.

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