Journal d'un caféïnomane insomniaque
mardi avril 13th 2021

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Contes grivois – Guy de Maupassant

Treize contes de Maupassant adaptés en bande-dessinée par douze dessinateurs plus un, Christophe, qui illustre de belles citations en guise de transition. Toute l’intelligence de ces adaptations est d’avoir su conserver la plume de Maupassant sans en être prisonnières. Comme le titre de l’ouvrage le suggère, c’est l’essence érotique de ces contes, issus de plusieurs recueils et/ou publiés dans la presse. Pas de pornographie. Un érotisme léché (je sais, le jeu de mot est facile…), fidèle dans le dessin à ce qu’il est sous la plume de Maupassant. Un érotisme réel ; pas l’étalage de chairs flasques et performantes dont notre pudibonde société de consommation, vulgaire par essence, voudrait nous faire admettre comme étant l’érotisme vrai, le seul et l’unique auquel chacun est tenu de se plier, doit se soumettre. Chez Maupassant, l’érotisme est encore sexué. C’est une lutte à mort entre les deux sexes. Une lutte pour la vie. L’érotisme ne s’étale pas. Il se vit. Il a sa part d’ombres, il sourd entre les lignes et les non-dessinés. Ce qui fait de ces adaptations d’une oeuvre littéraire du dessin littéraire. Revisitant Maupassant, treize peintres dessinent la vie, la mort, l’amour, le sang. La Littérature transcende et re-situe ; j’ai eu l’occasion de l’écrire dans une précédente chronique. La bande-dessinée peut s’élever au rang de Littérature. Ces contes grivois en constituent la brillante démonstration.

Rapport aux dessins, chaque artiste possède sa singularité. Les treize contes sont du point de vue du dessin très différents ; de mon point de vue non qualifié mais Amateur, d’une grande qualité objective. Je laisse chacun les apprécier. Quant au choix des contes, tout a été écrit sur Maupassant, dont je ne suis par ailleurs pas un fin connaisseur (mea culpa), et adapté par les dessinateurs eux-mêmes ou un scénariste, selon. Je ne les commenterai donc pas non plus – n’ayant rien à en dire de plus ou de mieux, la sagesse me recommande le silence. Je clôture ma chronique par la liste des contes et dessinateurs figurant au générique de ces contes grivois.

1.    L’inconnue – Scénario et dessins : Marie Avril
2.    Les épingles – Scénario et dessins : Yoann Boisonnet
3.    La patronne – Scénario et dessins : Kyung-eun Park
4.    L’affinité des chairs – Scénario : Delphine Le Lay ; dessins : Alexis Horellou
5.    Les caresses – Scénario et dessins : Joël Alessandra
6.    Marocca – Scénario et dessins : LuK
7.    Le gâteau – Scénario et dessins : Camille Dufayet
8.    Une partie de campagne – Scénario : Mickaël ; dessins : Julien Lamanda
9.    Soixante neuf – Scénario et dessins : Antoine Ronzon ; couleurs : Karen Laborie
10.    Les tombales – Scénario : Delphine Le Lay ; dessins : Alexis Horellou
11.    Le remplaçant – Scénario et dessins : Patès
12.   La bûche – Scénario et dessins : Loïc Locatelli
13.    Mouche – Scénario et dessins : Thomas Ballard