Journal d'un caféïnomane insomniaque
dimanche mars 1st 2026

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Les Tendresses de Zanzibar – Thomas Morales

« L’amitié si exagérément boursouflée par les éclopés, face à l’amour, n’est qu’une mousson dans une vie entière. […] Alors que l’amour tiraille, abâtardit, met à terre, il nous arrache à notre pré carré. »

Thomas Morales, op. cit., p.48.

Avec ce titre singulier, Les Tendresses de Zanzibar, emprunté aux paroles d’une chanson de Paolo Conte, Thomas Morales débarque là où l’on ne l’attendait pas, et réussit son challenge. Monsieur Nostalgie s’octroie une pause dans son travail de chroniqueur pour revenir au roman, mais loin du polar auquel il nous avait habitué, seul ou à quatre mains, pour s’entremettre dans le roman d’amour.

Roman d’amour, roman court, roman tout court. « Quand l’amour s’en va / Adieu tout est fini » stridulait en son temps notre Johnny national… Le narrateur, qui partage avec l’écrivain goûts et couleurs, se souvient et se ressouvient de l’Amour avec un grand A, son Amour, sa femme pendant trente années arrachée à sa vie par la maladie.

Le synopsis est simple ; son développement non-simpliste. De la tendresse, des tendresses, il en transpire à chaque page. Ce souvenir d’un veuf inconsolable résonne aussi comme une déclaration d’amour d’une profondeur insondable. Paysages, lieux, airs, musiques, plats, coquetèles, chaque instant vécu sans Elle La ressuscite dans des ressouvenirs magiques, ces moments incarnés. Ces petits riens qui deviennent presque tout se réverbèrent en miroir au fil de la lecture, comme un contrepoint à notre expérience sensible.

Le premier roman d’amour de Thomas Morales s’offre comme un bijou de tendresse(s), scintillant d’élégance, vif de délicatesse.

Philippe Rubempré

Thomas Morales, Les Tendresses de Zanzibar, Éditions du Rocher, mars 2026, 117 p.

À paraître le 4 mars 2026

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