
Brillante défense et illustration de la langue (mais aussi de la culture, de la civilisation) française(s) par l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal. À l’heure où je rédige cette chroniculette, Sansal est détenu depuis le 16 novembre 2024 dans les geôles du régime algérien pour sa plume et ses idées.
« Revenons en France où la vie coulait au rythme de ses fleuves et de ses rivières. La langue était une profession de foi et une méthode infaillible de reconnaissance. C’était par elle et par ce qu’elle véhiculait de trésors et recelait d’armes tant défensives qu’offensives qu’on organisait et défendait sa vie, son territoire, l’intimité de sa famille, sa généalogie, son patrimoine, ses recettes de cuisine et ses tours de main, bref l’art et la manière de vivre jalousement et égoïstement en son paradis. »
Boualem Sansal, op. cit., p. 165-166.
Il semble que la veulerie de l’État français pour défendre notre compatriote Sansal se justifie dans sa velléité de censure illustrée (encore hier 19 février 2025) par l’interdiction politique des médias qui n’ont pas l’heur de plaire à la caste dirigeante… Sans grande réaction populaire. Hélas.
Philippe Rubempré
Boualem Sansal, Le français, parlons-en !, Les éditions du Cerf, 2024, 187 p.



