Journal d'un caféïnomane insomniaque
mercredi janvier 27th 2021

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Les étrangers sont nuls – Pierre Desproges

Illustré par Edika.

Recueil de courtes chroniques écrites pour Charlie Hebdo en 1981, à l’époque où ce canard baignait dans une digne subversion… Aujourd’hui, Les étrangers sont nuls c’est à peu près un procès par page, pour racisme ou incitation à la haine – ce qui est parfaitement cocasse quand on connait Desproges, mais hélas pas étonnant compte tenu de l’inculture crasse et de la susceptibilité mémorielle mal placée d’un certain nombre de nos compatriotes (des trois couleurs de l’Empire et des trois religions du Livre).

Les étrangers sont nuls, donc. Et les Français pas beaucoup mieux si nous lisons bien ces hilarants portraits de peuples divers. Entre mauvaise foi, jeux de mots à deux balles et saillies dont seul Desproges a le secret, nous nous marrons aux dépens de tous, équitablement, et surtout à nos dépens, à grands renforts d’auto-dérision et d’humour absurde. Deux exemples choisis presqu’au hasard de saillies typiquement desprogiennes :

Sur les Israéliens : « Les Juifs ne pensent qu’à gagner de l’argent en vendant des manteaux de fourrure. C’est pourquoi, en Israël, il n’y a pratiquement que des fourreurs, et très peu de militaires. » (et paf ! une plainte de la LICRA au cul !).

Sur les musulmans : « Le Qatar compte à peine plus de 100 000 habitants pour une superficie de 22 000 kilomètres carrés. Toutes proportions gardées, force nous est de constater qu’il y a dix fois moins de bougnoules au Qatar que dans les Bouches-du-Rhône. Je dois dire que ça m’énerve. Pourtant, je ne suis pas raciste, surtout depuis que je vis avec deux aspirateurs de couleur. » (et vlan, v’là la plainte du Collectif Contre l’Islamophobie en France !).

Tout le monde en prend pour son grade, pour le meilleur et pour le rire. Quant à ceux qui y verrait une quelconque forme de racisme ou de xénophobie (ce qui serait en soi une preuve flagrante de leur défaut de culture générale et particulière), offrons leur un cerveau en état de fonctionner, au moins ce cadeau sera utile. « Alors s’il vous plait, je vous en prie ».