Journal d'un caféïnomane insomniaque
jeudi avril 26th 2018

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Le Petit Roman de la Gastronomie – François Cérésa

petit-roman-gastro    Le Petit Roman de la Gastronomie de François Cérésa est un plaisir de fin gourmet qui se savoure à la hussarde entre mousquetaires de bonne compagnie. Sa gastronomie est au savoir-vivre ce que la littérature est à la production écrite, le nec plus ultra. Si vous n’aviez pas remarqué que gastronomie et littérature appartiennent à la même famille (et quelle famille ! Dumas, Oberlé, Harrison, pour n’en citer que trois chers à mon coeur), ce court roman est écrit pour vous. François Cérésa met les deux cousines à l’honneur, plume alerte, humour féroce, appétit en panache et hommage gourmand aux maîtres-coq de la gastronomie française comme aux gastronomes des arts et lettres.

L’aventure gastronome de François Cérésa nous fait voyager de Bourgogne à Eugénie en passant par Le Lorain ; la rencontre est chaleureuse et la ripaille classieuse avec Guy Savoy, Bernard Loiseau ou Joël Robuchon, liste non-exhaustive. Toujours en bonne compagnie, nous voguons au gré des souvenirs et des amours de l’auteur, pour notre plus grand plaisir. Il faut dire que ce Petit Roman de la Gastronomie met l’eau à la bouche, comme le chantait Gainsbourg. On y rêve de fringales. À l’image de la littérature, la gastronomie est une forme d’érotisme, de jeu de l’amour et du hasard, de désirs apprivoisés et sublimés avant d’être dégustés.

La gastronomie est à la fois une Culture et des cultures. C’est le terroir et l’ouverture, le mariage heureux du cru et des saveurs. Être gastronome, c’est remercier la Nature nourricière en la mettant à l’honneur et en valeur dans l’assiette. Loin de « cette cuisine de petites quantités (qui) s’adresse aux gros portefeuilles (…), (dont) on se demande s’il faut être un spécialiste du noumène et de la mécanique des fluides pour avoir le droit de laper (les) augustes fonds de casseroles« . Lisons François Cérésa et n’oublions pas : « la cuisine, il n’y en a qu’une, la bonne ! » Et ce n’est pas la « cuisine médicolégale à l’usage des Lilliputiens de la ploutocratie« … Bon appétit !

Philippe Rubempré

François Cérésa, Le Petit Roman de la Gastronomie, Éditions du Rocher, 2010, 131 p.