Journal d'un caféïnomane insomniaque
jeudi juin 24th 2021

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Mémoires barbares – Jules Roy

« Il n’y a de mérite dans l’art que pour celui qui risque sa peau. »

Robert Brasillach

Bertrand Poirot-Delpech évoque à propos de Jules Roy dans Le Monde « un bel emmerdeur »… Et en effet, ses Mémoires barbares auraient pu s’intituler « Mémoires d’un Emmerdeur ». D’un Emmerdeur majuscule, pourrait-on même suggérer.

Né en Algérie au début du XXe siècle, écolier turbulent, séminariste, puis officier, pilote de bombardier, pétainiste, Français libre engagé dans la Royal Air Force, officier de presse en Indochine… Jules Roy est un grand témoin du siècle abominable qu’il a traversé. Tout au long de sa vie, il n’a cessé d’être fidèle à ce qu’il croit juste, quittant Pétain pour de Gaulle, l’armée par anticolonialisme ; il n’a cessé de raconter dans ses romans, de combattre dans ses essais, bref, il a mis sa peau, ses couilles et ses idées sur la table !

Sa vie fut aussi riche de rencontres importantes, riches, variées, de relations plus ou moins chaotiques avec d’autres témoins du siècle, de Montherlant à Camus, de Florence Gould à Louise de Vilmorin, d’Amrouche à Doyon, sous l’ombre tutélaire de Malraux, qu’il finira par rencontrer.

Les Mémoires barbares de Jules Roy sont barbares à l’image du XXe siècle. Quant à l’auteur, il est un témoin engagé, touchant, attachant, pudique, et agaçant, énervant, dérangeant aussi. Une forte personnalité qui mérite d’être lue, et relue.

Philippe Rubempré

Jules Roy, Mémoires barbares, Albin Michel, 1989, Prix Méditerranée 1989.

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