Journal d'un caféïnomane insomniaque
mercredi mars 25th 2026

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Le Vieux Saltimbanque – Jim Harrison

vieux-saltimbanque    Big Jim n’est plus. À 78 ans, le palpitant n’a pas suivi. Sa dernière livraison, un retour sur sa vie, à la troisième personne cette fois, pour prendre de la distance avant de retrouver le bistro du bon Dieu… Après ses mémoires fictifs, Wolf, et réels, En Marge (publiés en poche chez 10/18), Jim Harrison pose un troisième et ultime regard sur ce que fut sa vie, dans un récit ramassé en forme de novella, genre qu’il affectionne et maitrise à merveille.

Le Vieux Saltimbanque, comme il se surnomme, est bien présent, fidèle à lui-même. De sa vie, il fait une ouverture sur la Vie, sur l’universel : il est en effet question de vie et de mort, d’amour et de sexe, de gastronomie, de chasse et de pêche, d’alcool et d’excès, de poésie et de littérature… Ou comment ne pas écrire une autobiographie romancée façon autofiction exhibitionniste et geignarde  autant que vulgaire à la sauce Christine Angot ou Catherine Millet. D’un côté, une oeuvre littéraire, celle de Jim Harrison ; de l’autre, l’impudeur au service du tiroir-caisse.

Pour son dernier round sur le ring, Harrison relève le gant avec panache ! Ses ultimes mémoires sont plus percutant encore que En Marge, mémoires qui ont largement contribué à forger la légende de Big Jim. Le Vieux Saltimbanque évoque la vie de l’auteur essentiellement après la publication de ses premiers souvenirs, mais ponctués de retours habillés d’un regard littéraire neuf. Un condensé d’humour et d’émotions nobles qui invitent le lecteur à se replonger dans l’oeuvre de Jim Harrison.

Big Jim tire sa révérence avec classe. Il nous manque déjà…

Philippe Rubempré

Jim Harrison, Le Vieux Saltimbanque, traduit de l’anglais (États-Unis) par Brice Matthieussent, 2016, 147 p.

Lectures août

  1. Chemin de la Lanterne – Louis Nucera
  2. La sOurce et la sOnde – Bourgeon & Lacroix
  3. Six saisons sur ilO – Bourgeon & Lacroix
  4. Les Fleurs du Mal – Charles Baudelaire
  5. La clé des Confins – Bourgeon & Lacroix
  6. La planète des ombres – J. Brunier
  7. La double lune de Berlin – Bucquoy & Hernu
  8. Le Marin à l’ancre – Bernard Giraudeau
  9. Aïeïa d’Aldaal – Bourgeon & Lacroix
  10. Les couleurs de Marcade – Bourgeon & Lacroix
  11. Les couloirs de l’Entretemps – Bourgeon & Lacroix
  12. Les aubes douces d’Aldalarann – Bourgeon & Lacroix
  13. Le sortilège du bois des brumes – Bourgeon
  14. Splendeurs et misères des courtisanes –  Honoré de Balzac
  15. Les yeux d’étain de la ville glauque – Bourgeon
  16. Le dernier chant des Malaterre – Bourgeon
  17. Face au Drapeau – Jules Verne
  18. Le Roi au-delà de la mer – Jean Raspail
  19. Ça tourne au vinaigre – Frédéric Dard

Ab hinc… 223

« Le passé ne peut pas être entièrement aboli sans assécher de façon inhumaine tout avenir. » – Jean Giono

Ab hinc… 222

« Quand on représente une cause (presque) perdue, il faut sonner de la trompette, sauter sur son cheval et tenter la dernière sortie, faute de quoi l’on meurt de vieillesse triste au fond de la forteresse oubliée que personne n’assiège parce que la vie s’en est allée ailleurs. » – Jean Raspail

Tintin chez Jules Verne – J.-P. Tomasi & M. Deligne

tintin chez jv    « Jules Verne néant » disait Hergé. Et pourtant, ce court essai richement illustré et abondamment informé tente, non sans conviction, de démontrer le contraire. À l’appui des oeuvres de Verne et d’Hergé, bien entendu, mais aussi en se référant aux biographes et autres exégètes de ces deux monstres sacrés.

Force est de reconnaître que les similitudes relevées, textes et illustrations, sont troublantes, et il parait peu probable qu’Hergé n’ait pas lu Jules Verne. L’a-t-il apprécié s’il l’a lu? C’est une autre question. Si par hypothèse, on y répond par la négative, on peut alors supposer qu’il fut inconsciemment influencé par cette lecture peu goutée, et donc qu’il ne peut en revendiquer la référence. Cette hypothèse est la mienne, elle n’est pas évoquée ni formulée par Tomasi et Deligne.

Voici quelques exemples d’étranges similitudes que vous pouvez vous amuser à vérifier : Tryphon Tournesol et le professeur Palmyrin Rosette (Hector Servadac), les Dupond-t et les inspecteurs Craig et Fry (Les Tribulations d’un Chinois en Chine, à mettre en regard du Lotus Bleu), ou encore l’univers marin de Vingt mille lieues sous les mers et du Trésor de Rackham le Rouge.

À l’instar d’Hergé, Henri Vernes,  le créateur de Bob Morane auquel on a souvent imputé une influence vernienne – ne serait-ce que l’homophonie de son pseudonyme -, ne se revendique pas de Jules Verne. Comme si il y avait une honte ou une forme de déconsidération à se réclamer de cet écrivain injustement réduit à un auteur pour la jeunesse… ce qui est loin d’être le cas. Malgré une oeuvre parfois inégale (ce dont il était parfaitement conscient, il l’a écrit), Jules Verne est un grand auteur du XIXe siècle français, tout comme Hergé est un immense auteur de bande-dessinée au-delà des polémiques régulières (et ridicules, à l’image de ceux qui les suscitent) sur son oeuvre, et Henri Vernes le romancier d’aventures pour la jeunesse (mais pas seulement !) que les admirateurs de Bob Morane (dont je suis) connaissent bien…

Jules Verne, Hergé, Henri Vernes sont trois auteurs qui nous emportent avec eux, et leurs personnages dans leurs aventures à la découverte du monde et des mondes. Ils nous offrent de rêver intelligemment, de nous instruire en nous distrayant. Une saine lecture de 7 à 77 ans…

Philippe Rubempré

J.-P. Tomasi, M. Deligne, Tintin chez Jules Verne, Lefrancq Littérature, Bruxelles, 1998, 163 pages, prix selon bouquiniste.

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