Journal d'un caféïnomane insomniaque
dimanche octobre 20th 2019

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Introït

On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.

E.M. Cioran, Ébauches de vertige, 1979.

 

Adios, Tierra del Fuego – Jean Raspail

Araucanie, Patagonie, Terre de Feu, détroit de Magellan, Cap Horn, Port-Famine, Ushuaïa, Punta Arenas, Alakalufs, Yahagans, Mapuches… Ces noms enchanteurs ont fait rêver bien des générations d’enfants – celles d’avant la télévision et le numérique, quand l’enfance était encore possible. Ils évoquent pourtant des peuples disparus ou presque, des terres hostiles que mère-nature a taillées à la pointe de l’eskiltuna, ce couteau traditionnel du Sud fuégien… Lire Raspail donne envie de relire Francisco Coloane, à moins que ce ne soit le contraire…

L’auteur du Camp des Saints et du Roi au-delà de la mer est aussi un explorateur qui a, lui aussi, enfourché sa monture et quitté la ville au crépuscule par la porte du Sud qui n’était plus gardée… C’est un plaisir enfantin que de l’accompagner en Terre de Feu pour une tournée d’adieux et un devoir de mémoire accompli. Sur les traces des Fuégiens et d’Orélie-Antoine 1er, roi de Patagonie, Raspail essaime quelques signes sur une piste au bord de laquelle on se prend à rêver lui emboiter le pas.

Raspail ou l’aventure de la Patagonie vivante. Consul général de Patagonie ayant rallié nombre de preux chevaliers à sa cause, Raspail a repris aux British l’archipel des Minquiers, lâché par la France, devenu la Patagonie Septentrionale, sise au large de Granville et Saint-Malo, entre Jersey et Chausey. Cette réponse à l’invasion des Malouines par Thatcher provoqua l’incrédulité moqueuse avant de se métamorphoser en quelques remous diplomatiques et force unes de presse, dont celle du notable Times !

Adios, Tierra del Fuego, un peu d’aventure et de poésie dans notre monde terne et déclinant ; un peu de justice rendue aux Alakalufs et autres Yahagans ; les honneurs et la gloire aux rêveurs et au roi d’Araucanie et de Patagonie, Sa Majesté Orélie-Antoine 1er de Tounens, et ses successeurs… son cosas de Patagonia

Philippe Rubempré

Jean Raspail, Adios, Tierra del Fuego, Éditions Albin Michel, 2001, 390 pages.

Lectures – septembre

  1. FDP de la mode – Marsault + Papacito
  2. Madame est servie – Thomas Morales
  3. Théorie de la dictature – Michel Onfray
  4. Sans filtre. L’intégrale – Marsault
  5. Ex-libris eroticis -Massimo Rotundo
  6. L’empire du politiquement correct – Mathieu Bock-Côté
  7. Un peu de nuit en plein jour – Érik L’Homme
  8. Les poneys sauvages – Michel Déon
  9. No society. La fin de la classe moyenne occidentale – Christophe Guilluy
  10. Le scandale des EHPAD. Une aide-soignante dénonce le traitement indigne des personnes âgées – Hella Kherief, en collaboration avec France Carp

Lectures – août

  1. Gueule de bois – Olivier Maulin
  2. Pottsville, 1280 habitants – Jim Thompson
  3. Philippe de Broca – Thomas Morales
  4. La colère de Maigret – Simenon
  5. Georges Brassens – Alphonse Bonnafé
  6. Maigret aux assises – Simenon
  7. Écrits d’exil 1927-1928 – Léon Daudet
  8. Plan de bataille pour OSS. 117 – Jean Bruce
  9. Le clan des Siciliens – Auguste Le Breton
  10. Un Patachon dans la mondialisation – Thomas Morales
  11. La potion magique de Georges Bouillon – Roald Dahl
  12. Tartarin de Tarascon – Alphonse Daudet
  13. Allmen et les libellules – Martin Suter
  14. Les récrés du petit Nicolas – Sempé/Goscinny

Un été chez Max Pécas – Thomas Morales

L’été, la chaleur, les corps qui se dévoilent, une certaine torpeur languide… C’est la saison anti-snob, le règne de la légèreté et des petits plaisirs coupables, le temps où l’on aime bien tout ce qui est bon, surtout si c’est très mauvais, pour paraphraser la soeur médecin des Hospices de Beaune, dans La Grande Vadrouille. En passant Un été chez Max Pécas, Thomas Morales rend justice à ces instants privilégiés de liberté et de joie que la Faculté, l’Académie et les politocards rêvent de rogner voire d’interdire… Pour votre bien et au nom de votre santé, bien entendu.

Que celui qui n’a jamais zappé sur un film de Max Pécas dans la moiteur étouffante d’un été à la campagne lui jette la première pierre… Les plaisirs simples ne se démodent pas sous la plume de Morales. De l’apéro au barbecue en passant par le Tour de France – dernière grande compétition sportive gratuite, donc réellement populaire -, du slow aux amours de vacances en passant par la carte postale, parfois grivoise, horresco referens, le chroniqueur nous raconte avec malice et humour ces bonheurs populaires honnis par une pseudo-élite qui les considère comme populistes. Un honneur quand on songe que le prix Eugène Dabit du roman populiste a couronné René Fallet ou Jean-Pierre Chabrol ! Je ne peux m’empêcher de penser qu’il est aussi cocasse d’être traité de populiste par une pseudo-élite bankerisée que de l’être de pute par un julot ou une mère maquerelle…

Un été chez Max Pécas se déguste sous forme de courtes et savoureuses chroniques, qu’il est de bon ton d’accompagner d’un pastaga ou d’un rosé bien frais, bob Ricard vissé sur le crâne, en attendant que braises se fassent… On se calme, on boit frais, on lit Morales et on retrouve le moral !

Philippe Rubempré

Thomas Morales, Un été chez Max Pécas , Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2019, 85 pages.

Lectures – juillet

  1. Raskar Kapac. L’Anthologie – Maxime Dalle, Yves Delafoy, Archibald Ney
  2. Dans l’ombre de la Révolution – Anonyme
  3. Judy, Lola, Sofia et moi – Robin D’Angelo
  4. La Rouquine Flamboyante – Herbert Ghilen
  5. Les Furtifs – Alain Damasio
  6. Napoléon Pommier – San-Antonio
  7. À propos de 50 ans d’Aventures Bob Morane – Henri Vernes, entretien avec Stephan Caluwaerts & Yann, préface de Jean Dufaux
  8. Jules Verne Politiquement incorrect ? – Ghislain de Diesbach
  9. Deux ans de vacances – Jules Verne
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