Instinct primaire – Baptiste Marchais
« Exister, c’est combattre ce qui me nie. Être un insoumis […] cela signifie être à soi-même sa propre norme par fidélité à une norme supérieure. S’en tenir à soi devant le néant. Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. Préférer se mettre le monde à dos que se mettre à plat ventre. »
Dominique Venner
« Si la violence ne résout rien, cela veut juste dire que vous n’avez pas tapé assez fort. »
Jean Yanne

Un « repas de seigneurs » avec Papacito m’a permis de découvrir Baptiste Marchais, seigneur du développé-couché (bench) et amateur de cigares devant l’Éternel, cette dernière qualité n’étant pas pour me déplaire. Depuis, je suis régulièrement, sans en être absolument inconditionnel, sa chaîne YouTube Bench’n’Cigars, particulièrement pour ce qui concerne la gastronomie, la chasse (quoique n’étant pas moi-même chasseur), ou l’artisanat. La fréquentation numérique de Marchais m’a permis de découvrir l’excellente chaîne de Richard sur Terre ou de réviser mon opinion sur des personnes comme Julien Rochedy, par exemple.
Baptiste Marchais a décidé de s’expliquer. Qui est-il ? D’où vient-il ? Que fait-il ? Que veut-il ? La meilleure réponse à toutes les conneries qu’on balance sur votre compte (et dans votre dos) est sans doute le silence, mais il n’est pas interdit de sanctionner ses calomniateurs, ni d’honorer ses soutiens. C’est chose faite, façon coup de poing dans la gueule, avec la publication aux éditions Hétairie, de Julien Rochedy, d’Instinct primaire, récit autobiographique et, en même temps (sans soupçon possible de la moindre accointance avec le macronisme), de développement personnel.
Baptiste Marchais se livre et éclaire son parcours jusqu’au succès fulgurant de Bench’n’Cigars dans un texte brut de décoffrage à l’oralité assumée. Enfant du Val d’Oise, puis de Picardie, issu de la petite classe moyenne, Marchais a été confronté très jeune aux joies de la diversité multiculturelle (pour mes lecteurs occasionnels et ceux qui me découvrent, je suis opposé au multiculturalisme pour des raisons développées ici ou encore là, mais je ne me soucie guère de l’ethnie, dans les limites définies par le Général de Gaulle), avant de goûter à celles, concrètes, de la vie à la campagne, au contact charnel de la nature. La passion du sport permet au jeune Marchais de se hisser au-dessus du lot et de sortir son épingle du jeu, en ouvrant sa boite de coaching, puis en créant sa chaîne culturelle à vocation métapolitique Bench’n’Cigars – laquelle n’est affiliée à aucun parti, mais défend, non des valeurs, relatives par définition, mais des principes chers à mon cœur comme l’honneur, l’amitié ou la fidélité. Bien entendu, des valeurs y sont promues, ainsi la gastronomie, l’écologie (rien à voir avec l’écologisme à la sauce rousseauiste, une sauce verte bien dégueulasse). Il est à souligner enfin que la Foi catholique y est honorée. Le catholique mécréant que je suis ne peut s’empêcher de saluer ici le fidèle qui s’assume sans s’excuser d’être ce qu’il est, un fils de France, cette grande Nation qui fut fille aînée de l’Église en son temps.
Fort de son parcours singulier, Baptiste Marchais ne se fait pas pour autant donneur de leçons. S’appuyant sur sa propre expérience, il montre que malgré la situation catastrophique, à défaut d’être totalement désespérée, il est possible de rester fidèle à l’honneur, à ses principes, à sa famille et à ses amis en offrant aussi peu de prises que possible à nos ennemis (État tentaculaire sur pente totalitaire liquide, gauchisme, cons, pour résumer. Liste non-exhaustive). C’est à lever la tête et à marcher droit que Marchais nous invite. Nous n’avons pas choisi de vivre la décadence ; nous pouvons choisir de Vivre et de ne pas subir sans réagir.
190 pages coup de poing. Absence totale de langue de bois garantie. Si vous voulez connaître un peu mieux Baptiste Marchais, donnez la parole à l’accusé plutôt que de vous fier aux papiers malveillants de la presse autorisée (i.e. selon la définition d’Ingrid Riocreux, la presse autorisée à être citée dans les revues de presse, sur les radios de se(r)vice public par exemple) ; lisez Instinct primaire. Soyez séduits, choqués, ou cumulards, et cultivez dès à présent votre bien le plus précieux, votre Liberté.
Philippe Rubempré
Baptiste Marchais, Instinct primaire, Éditions Hétairie, 2022, 190 p.
Rééducation nationale – Patrice Jean

Merveilleux et subtil contempteur de l’air du temps, ironiste talentueux, professeur de lettres, Patrice Jean, auteur de l’inénarrable Homme surnuméraire (rue fromentin, 2017), est avec le rabelaisien Olivier Maulin et le voltairien Bruno Lafourcade l’un des écrivains les plus drôles et les plus (im)pertinents de sa génération. Avec Rééducation nationale, paru en juillet dernier, il s’attaque à un mammouth qu’il connaît parfaitement pour le pratiquer au quotidien, l’Éducation nationale.
Dans ce court roman délicieusement ironique, Jean met en scène Bruno Giboire, en reconversion es qualité de professeur de lettres au lycée André Malraux. Néophyte issu de la fonction publique territoriale, Giboire a la foi du charbonnier quant aux théories pédagogiques de Philippe Meirieu, qu’il n’est pas loin de sanctifier. Rééducation nationale est le récit de sa première année d’enseignement.
Patrice Jean nous plonge au cœur d’un système parfaitement décrit, nous offrant une galerie de portraits des plus jouissives, tant sa profondeur et sa justesse jusque dans la caricature font mouche. Du proviseur au prof gauchiste militant en passant par les supposés réacs ou fachos (entendre ceux qui privilégient la transmission des savoirs sur les ateliers pédagogiques et citoyens), la caricature se fond dans la réalité, ainsi avec le récit de l’inspection subie par Giboire, révélatrice d’une dérive pédagogiste de l’enseignement. La citation de l’inspectrice de lettres de Pays de la Loire en exergue du roman atteste de cette confusion inquiétante entre le réel et sa caricature, qui se constate par ailleurs dans le journalisme ou la politique. Tout bascule dans le monde idéal de Bruno Giboire quand il est proposé de vendre la statuette khmer offerte par André Malraux himself lors de l’inauguration du lycée pour financer des ateliers « pédagogiques et citoyens »…
Patrice Jean signe ici un grand roman sur l’Éducation nationale telle qu’elle va, c’est-à-dire de mal en pis, avec les résultats que l’on sait, constatés par toutes les personnes de bonne foi, les classements internationaux et dénoncés depuis vingt ans au moins par des enseignants compétents et dignes de ce nom, à l’instar de Jean-Paul Brighelli (La Fabrique du crétin, JC Gawsewitch Éditeur, 2005 ; La Fabrique du crétin 2 – Vers l’apocalypse scolaire, éditions de l’Archipel, 2022, entre autres). À la fois drôle et inquiétant, Rééducation nationale nous fait prendre conscience, si ce n’était pas déjà le cas, de l’urgence absolue de mettre un terme définitif aux délires pédagogos et de revenir aux fondamentaux, la transmission des savoirs et une école sanctuarisée, protégée des idéologies politiques ou religieuses, une école à-même de former des êtres libres et responsables.
Philippe Rubempré
Patrice Jean, Rééducation nationale, rue fromentin, 2022, 140 p.
Ab hinc… 330

« […] Je m’insurge contre l’abus de langage par lequel, de plus en plus, on en vient à confondre le racisme défini au sens strict et des attitudes normales, légitimes même, et en tout cas inévitables.
Le racisme est une doctrine qui prétend voir dans les caractères intellectuels et moraux attribués à un ensemble d’individus, de quelque façon qu’on le définisse, l’effet nécessaire d’un commun patrimoine génétique. On ne saurait ranger sous la même rubrique, ou imputer automatiquement au même préjugé l’attitude d’individus ou de groupes que leur fidélité à certaines valeurs rend partiellement ou totalement insensibles à d’autres valeurs.

Il n’est nullement coupable de placer une manière de vivre et de penser au-dessus de toutes les autres, et d’éprouver peu d’attirance envers tels ou tels dont le genre de vie, respectable en lui-même, s’éloigne par trop de celui auquel on est traditionnellement attaché. Cette incommunicabilité relative n’autorise certes pas à opprimer ou détruire les valeurs qu’on rejette ou leurs représentants, mais maintenues dans ces limites, elle n’a rien de révoltant. Elle peut même représenter le prix à payer pour que les systèmes de valeurs de chaque famille spirituelle ou de communauté se conservent et trouvent dans leurs propres fonds les ressources nécessaires à leur renouvellement. » – Claude Lévi-Strauss, préface au Regard éloigné, 1983.
Cité in l’excellent Jean Szlamowicz, Les moutons de la pensée. Nouveaux conformismes idéologiques, Les éditions du Cerf, 2022.
Lectures septembre
- Jon Shannow #3 Pierre de sang – David Gemmell
- Giovanna ! Ah ! – Giovanna Casotto
- Le Parti d’Edgar Winger – Patrice Jean
- Giovanissima ! – Giovanna Casotto
- Macadam – Mattias Köping, dessins de Marsault
- Degenerate Housewives #2 ->5 – Rebecca
- Hot Moms # L’intégrale – Rebecca
- Giovanissima #3 – Giovanna Casotto
- Giovanissima #4 – Giovanna Casotto
- Les mondes de Jules Verne. Une odyssée entre rêve et réalité – Jean-Yves Paumier
- Viol d’un couple – Salomon Grundig
- Arthur et Janet. À fleur de peaux – Cornette & Karo
- Blitz – Floc’h & Rivière
- Le souci des plaisirs. Construction d’une érotique solaire – Michel Onfray
- L’invention du désir – Carole Zalberg
- Sexe attitude – Pauline d’Orgel
- L’école des biches – G.Lévis, adaptation J.M. Lo Duca, d’après Ernest Baroche
- Terra incognita #1 Les Survivants – Perrotin / Chamy / Verney
- Contes pervers – Régine Deforges, Gérard Leclaire
- Carré noir sur dames blanches – Alex Varenne
- Minority Report – Philip K. Dick
- Guérilla #3 Le dernier combat – Laurent Obertone
- Ombre & Lumière – Parris Quinn






