Journal d'un caféïnomane insomniaque
samedi mai 8th 2021

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Introït

On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.

E.M. Cioran, Ébauches de vertige, 1979.

 

Ab hinc… 300

« En 1969, j’ai arrêté les femmes et l’alcool : ce furent les vingt minutes les plus dures de ma vie. » – George Best

La Littérature à balles réelles – Bruno Lafourcade

« La retenue et la modération ne sont pas de mise dans une cause excellente »

Cicéron

Voilà un essai critique qui porte bien son nom ! Lafourcade tire en effet à balles réelles et au gros calibre sur les fausses gloires et les potiches écrivant.e.s. qui polluent librairies et médias. Mais Lafourcade aime aussi ; il admire ; et il l’écrit. Remarquablement. Enfin, contrairement à ses « victimes », Lafourcade ne s’épargne pas. Il est lucide, et cela lui confère à notre avis certains droits, notamment celui de mettre les pieds dans le plat et du 357 Magnum dans les plumes d’Annie Ernaux ou J.M.G. Le Clézio (je partage l’aversion de l’auteur pour ces baudruches bien-pensantes sans l’ombre du quart de l’once d’un nano-talent littéraire).

Bruno Lafourcade est romancier (L’Ivraie, paru chez Léo Scheer, ou Le Hussard retrouve ses facultés chez Auda Isarn, liste bien entendu loin d’être exhaustive), mais je le connais surtout comme chroniqueur, ou plus exactement, portraitiste de son époque, dans les colonnes d’Éléments. C’est une des plumes de cette digne revue diffamée par les imbéciles et les illettrés qu’on attend avec impatience tous les deux mois.

Sa Littérature à balles réelles est cruelle, parfois, juste souvent ; quand bien même nous serions moins sévère que lui quant à certaines de ses cibles… Mais c’est une lecture réjouissante, absolument, et écrite avec style. C’est racé et drôle, sans attaque ad hominem (Lafourcade n’est vraisemblablement pas de gauche, et ne connaît aucun des auteurs cités personnellement). Son tour de force : donner une furieuse envie de lire ceux qu’il aime ; et laisser son lecteur apprécier les autres, en lui offrant toutes les références le lui permettant.

À mettre entre toutes les mains qui apprécient la Liberté, la Littérature et la Disputatio.

Philippe Rubempré

Bruno Lafourcade, La Littérature à balles réelles, Jean-Dézert Éditeur, mars 2021, 100 p.

Lectures avril

  1. Gully Travers – Alex Varenne
  2. Vous avez dit bizarre ? – Alain Bonnand
  3. Linda aime l’art – Philippe Bertrand
  4. Touche pas à mon corps – Frémond
  5. Prendre la route. Une philosophie de la conduite – Matthew B. Crawford
  6. La société malade – Jean-Pierre Le Goff
  7. Justine – Guido Crepax, d’après le Marquis de Sade
  8. La Belle Éplorée et autres histoires – Leone Frollo
  9. L’Aventure, le choix d’une vie – Collectif, préface de Patrice Franceschi
  10. Ego Transfert – Gérard Leclaire, dialogues A. Vatel
  11. Putain de télé – Stan & Vince
  12. Le jour d’après. Ce que je ne savais pas… et vous non plus – Philippe de Villiers
  13. Évangile – Saint Luc
  14. Nécron. Les Femmes Araignées – Magnus
  15. Édom (L’éternel Adam) – Jules Verne
  16. Ranx – Liberatore & Tamburini
  17. Marc Edito : l’information d’abord – Piotr
  18. Locas – Jaime Hernandez
  19. Rose profond – Jean-Pierre Dionnet & Michel Pirus
  20. La Survivante – Paul Gillon
  21. Les 110 pilules – Magnus
  22. Raskar Kapac L’Anthologie II – Maxime Dalle, Yves Delafoy, Archibald Ney
  23. La machine à explorer le temps – H.-G. Wells
  24. Y a plus de jeunesse – Franck Margerin
  25. Jeanine – Reiser
  26. Ranx 2. Bon anniversaire Lubna – Liberatore & Tamburini
  27. Pinochia – Gibrat & Lai
  28. Lisa Bay – Denis Sire
  29. Tueur de cafards – Tardi & Legrand
  30. La Marque du péché – Trillo & Domingues
  31. Gwendoline en course pour la Gold Cup et autres raretés – John Willie

Ab hinc… 299

« Nous ne changerons pas le monde, il ne faut pas se faire d’illusions, ce n’est pas nous qui changerons le monde, mais le monde ne nous changeras pas. » – Jean Mabire

Cité par Olivier François, « Les royaumes de Pierre-Guillaume de Roux. La littérature comme combat », in Éléments, n°189, avril-mai 2021, p.53.

Ab hinc… 298

« La liberté, nous dit-on, est totale en Occident. Liberté de chien docile qui agite sa petite queue démocratique. La démocratie à l’américaine accouche de petits hommes médiocres, convaincus de penser avec justesse, libres de s’empiffrer, de consommer à outrance, de se gaver de programmes télévisuels débiles, libres de raconter leurs turpitudes psychologiques à des psychologues véreux et, surtout, libres de vivre à travers leur téléphone – nouvel organe tyrannique, plus détraqué encore qu’un sexe d’homme ! – un divertissement sans fin. » – Maxime Dalle, « Raskar en Goguette – Le diable yankee »

in Raskar Kapac n°17, « Raskar sur les traces d’Héliogabale avec Antonin Artaud », repris dans L’Anthologie II, éditions du Rocher, 2020.

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