Journal d'un caféïnomane insomniaque
lundi mai 23rd 2022

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Introït

On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.

E.M. Cioran, Ébauches de vertige, 1979.

 

Et maintenant, voici venir un long hiver… – Thomas Morales

« Que serais-je devenu sans la présence de ces acteurs, actrices, chanteurs, chanteuses, écrivains et autres artistes des Trente Glorieuses ? Je leur dois tout. Mon inconstance et mes foucades. »

En plaçant son recueil de « nécrologies de papier » sous le double parrainage de Blondin, prince de la chronique arrosée à la hussarde, et de Villon, prince des voleurs et roi des poètes, Thomas Morales emprunte une nouvelle fois ces chemins buissonniers chers à nos cœurs de nostalgiques inconsolables. Comme l’a remarqué notre chroniqueur dans Un Patachon dans la mondialisation (je crois), « ce n’était pas mieux avant ; c’était mieux toujours. » Dès lors, qui mieux que lui pour célébrer comme il se doit les gloires de ces années heureuses qui nous quittent les unes après les autres ?

L’exercice consiste à rédiger une nécrologie en un temps imparti à l’annonce du décès ; cela n’a donc rien à voir avec les mondanités attendues, préparées (parfois des années) à l’avance, surgelées puis réchauffées trente secondes au micro-onde pour se garantir des « vues » au cas où un « grand » passerait l’arme à gauche…

Thomas Morales excelle dans l’art du portrait nostalgique, à la fois hommage à la vie et l’œuvre du disparu, et portrait d’une époque – lequel, par ricochets, en dit long sur la (misérable) nôtre. Sans œillères artistiques ou idéologiques, Morales rend ainsi hommage à des artistes (Belmondo, Varda, Marielle, Legrand, Audran…), des écrivains (Déon, d’Ormesson, osons Dabadie…), des iconoclastes (Tapie, Sylvia Kristel), et à son regretté éditeur Pierre-Guillaume de Roux.

La nostalgie joyeuse – c’est un art de vivre, une politesse – de Morales nous entraîne, le temps de quelques pages à l’honneur d’une idole, au cœur de souvenirs souvent idéalisés, d’une époque heureuse que nous croyons avoir vécue, et qui n’a peut-être (sans doute?) jamais existé… Qu’importe ! Ce n’était pas mieux avant, c’était mieux toujours.

Philippe Rubempré

Thomas Morales, Et maintenant, voici venir un long hiver…, Éditions Hélopoles, avril 2022, 190 p.

Lectures avril

  1. Salut les Bidasses #65 Elephantasia – Collectif, Elvifrance
  2. Les Maudits. Ces écrivains qu’on vous interdit de lire – Sous la direction de Pierre Saint-Servant
  3. Hurrah Raspail ! Hommages, témoignages et études – Sous la direction d’Adrien Renouard, assisté par Anne Letty
  4. Panique à Porterhouse – Tom Sharpe
  5. Le chemin des écoliers – Marcel Aymé
  6. Le Capitaine Fracasse – Théophile Gautier
  7. Les derniers jours des fauves – Jérôme Leroy
  8. Dernier round à Marseille – Michel Brice
  9. Gros plan du macchabée – Léo Malet
  10. Carnets rebelles volume 2 – Dominique Venner
  11. Albertine disparue (La Fugitive) – Marcel Proust
  12. Les enquêtes du commissaire Raffini : Si tu vas à Rio – Rodolphe & Maucler
  13. Les enquêtes du commissaire Raffini : Les eaux mortes – Rodolphe & Maucler
  14. Les aventures de Jack Bishop : Panique sur le Mékong – Chapelle, Marniquet, Chanoinat
  15. Le Temps retrouvé – Marcel Proust

Ab hinc… 325

« La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent pleinement vécue, c’est la littérature. » – Marcel Proust

Ab hinc… 324

« La notion qui fonde toute coutume vivante, c’est l’honneur. Tout le reste, fidélité, humilité, bravoure, esprit chevaleresque, maîtrise de soi, résolution, en découle. Et l’honneur est une question de sang, non de raison. On ne réfléchit pas – sinon, on a déjà perdu l’honneur. Perdre l’honneur, c’est être effacé de la vie, du temps, de l’Histoire. L’honneur de l’ordre, de la famille, de l’homme et de la femme, du peuple et de la patrie, l’honneur du paysan, du soldat, et même du bandit : l’honneur signifie que la vie, en une certaine personne, vaut quelque chose, possède un rang historique, sa distance, sa noblesse. » – Oswald Spengler, Pensées

Ab hinc… 323

« Tout le rêve de la démocratie est d’élever le prolétaire à la bêtise du bourgeois. » – Gustave Flaubert

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