Journal d'un caféïnomane insomniaque
mercredi janvier 27th 2021

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Introït

On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.

E.M. Cioran, Ébauches de vertige, 1979.

 

Mémoires d’un cul – Anonyma

Mémoires d’un cul sont les mémoires érotiques et littéraires d’un cul féminin anonyme. Ce petit ouvrage sort du lot de la littérature polissonne par la qualité de son écriture. Certes, c’est un livre cru, franchement érotique, mais ce n’est pas que cela. C’est aussi le portrait d’une femme qui ne se résume pas à son cul, justement ; une femme brillante que la vie n’a pas épargnée. C’est aussi un tableau de la seconde moitié du sinistre vingtième siècle à travers les engagements, les rencontres, les écrivains de prédilection de la narratrice.


In fine, une curiosa érotique racée, justifiant absolument le qualificatif de lecture à une main (la gauche de préférence, me souffle-t-on…), et qui mérite parallèlement une plus ample attention en raison de sa profondeur (si je peux me permettre).

Philippe Rubempré

Anonyma, Mémoires d’un cul, Éditions Hors Commerce, coll. Hors Rose, 2004, 162p.

Cinéphilie Vagabonde – Michel Marmin

Léon Daudet, fils d’Alphonse, grande figure de l’Action française et écrivain de renom, disait peu ou prou qu’en matière de littérature, il emmerdait la patrie. L’aphorisme irait comme un gant à Michel Marmin en remplaçant littérature (quoique…) par cinéma. Les éditions Pierre-Guillaume de Roux ont eu la riche idée de réunir à l’enseigne de la Cinéphilie vagabonde un abécédaire de critiques, articles et chroniques cinématographiques de Marmin, suivi d’un entretien avec Richard Millet sur Gérard Blain, d’un entretien donné à la revue Contrelittérature sur Jean Parvulesco et le cinéma, et d’une réjouissante tribune de défense du « cinéma zoulou », réponse à un producteur américain mal-embouché et pour le moins snobinard… L’ouvrage est précédé d’une charmante préface signée de la journaliste et petite-fille de l’auteur, Alix Marmin, et d’une note liminaire passionnante de Michel Marmin sur sa démarche.

À quoi reconnaître un grand critique ? À sa capacité à jouer de son érudition pour donner envie, pour transmettre sa passion. D’abord donner envie ; dans un second temps, remettre les pendules à l’heure et les fausses gloires au placard… nécessaires coups de griffes ! À ce compte-là, Michel Marmin est indéniablement un grand critique de cinéma, au même titre que (pour ceux que je lis ou écoute) Michel Mourlet, Ludovic Maubreuil, Pascal Manuel Heu, ou encore, avec sa singularité nostalgique, Thomas Morales. Il n’est pas une page de la Cinéphilie vagabonde de Michel Marmin où l’on ne se dise qu’il faut voir ou revoir tel film, découvrir tel réalisateur ou telle actrice…

Le goût de Michel Marmin, s’il croise par hasard le cinéma en vogue, est bien souvent iconoclaste, rend hommage à des parias ou des mal compris, leur rendant de fait justice. À la saillie mordante, dont il n’hésite pas à faire usage, l’auteur préfère toutefois la curiosité, la singularité, la personnalité qui font d’un film un grand film, d’un cinéaste un grand cinéaste.

Cinéphilie vagabonde est un recueil de curiosités cinématographiques dans lequel puiser au fil de son humeur, éclectique, passant de film à téléfilm, de Marielle à Risi, sautant de Sergio Corbucci en Ousmane Sembène, fréquentant Henri Jeanson, Gabin ou Gérard Blain, complice d’une vie, l’éventail des (re)découvertes proposées est singulier, surprenant, à la fois classique et hétérodoxe.

Lire Michel Marmin est une invitation à la cinéphilie, doublée d’un plaisir de lecteur, l’auteur partageant souvenirs et amours cinématographiques d’une plume racée et goûteuse.

Philippe Rubempré

Michel Marmin, Cinéphilie vagabonde, Éditions Pierre-Guillaume de Roux, 2020, 290p.

Ab hinc… 291

« On connaît la parole célèbre de Barrès : « Malheur à qui n’a pas été anarchiste à vingt ans ». C’est ce que nous voudrions demander à nos jeunes gens. Qu’ils soient d’abord révolutionnaires en art, qu’ils mangent leurs vieillards. Ils verront ensuite à chercher la vérité. Mais pour chercher la vérité, il faut être vivant. La vie est ce qui nous manque tout d’abord. Qu’on propose, avant tout, quelques audaces et quelques erreurs. » – Robert Brasillach, « Un théâtre sans avant-garde », 1934, le magazine d’aujourd’hui, n°36, 13 juin 1934.

Ab hinc… 290

« Le confort est un danger. Le bien-être est un piège. Les facilités nous détruisent. les chairs grasses, les idées grasses et repues ne sont plus le privilège des bourgeois : nous sommes tous devenus des bourgeois ! Et puis : il n’y a pas de sainte simplicité. Toute simplicité est suspecte. Vouloir simplifier nos relations au monde, nos relations aux autres, c’est la volonté du malade, de celui qui peut plus, qui abdique sa force. » – Alain Damasio, La Zone du Dehors

Ab hinc… 289

« L’esprit de sérieux est la négation par excellence de la liberté. » – Hannah Arendt

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