Journal d'un caféïnomane insomniaque
vendredi août 14th 2020

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Introït

On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.

E.M. Cioran, Ébauches de vertige, 1979.

 

Paris-Berry Nouvelle Vague – Thomas Morales

« Nous sommes en transit vers un ailleurs sans cesse fantasmé et l’inanité de notre quotidien. »

Le confinement subi de mars à mai derniers a eu un effet positif, le nouvel essai de Thomas Morales, Paris-Berry Nouvelle Vague. Reclus dans son Berry natal, le chroniqueur, Parisien d’adoption, laisse libre court à sa nostalgie drôlatique et un projet cinématographique. Avec Morales, l’envie de se re-confiner nous guette. Il faut avouer que ni le vin de Sancerre ni la compagnie ne sont dégueulasses ! Entre autres et sans exhaustive, d’Ettore Bugatti à René Fallet, de l’AMC Pacer au Taxi pour Tobrouk, sur un air de Bill Withers ou de Christophe, les rencontres sont riches et rafraîchissantes. Un essai de Morales est un estaminet dans lequel se croisent, excusez du peu, Vialatte, Pirotte, Fallet, Villon, Kleber Haedens ou Pascal Thomas !

Le confinement à la campagne est propice au souvenir et à l’introspection. Tout le talent de l’écrivain est de métamorphoser sa matière en un texte enlevé, drôle, mélancolique parfois, qui invite à explorer tous azimuts souvent. Un texte à cent lieues des indécentes jérémiades de boboïnes en souffrance dans leur villa basque ou normande…

Entre réminiscences de l’enfance et nostalgie d’une certaine vie parisienne, Thomas Morales nous propose à la fois un essai et une bande-son, entrecoupés de scenarii pour un film à sketches dont le réalisateur désigné serait Pascal Thomas (réalisateur de l’inimitable et irrésistible Pleure pas la bouche pleine !). Véritables miroirs grossissants de la tragi-comédie covidique, ces situations offrent une galerie de caractères iconoclastes, parfois insolents, présentés sous un jour ironique et tendre, léger et grave. Souhaitons qu’un producteur relève le défi et que Pascal Thomas Morales fassent de ce confinement une galéjade populaire !

Chronique d’un confinement en fin de compte plutôt réussi, Paris-Berry Nouvelle Vague est un réservoir de cartouches littéraires, cinématographiques, musicales, etc, pour armer votre fusil anti-déprime d’une joyeuse nostalgie régénérante.

Philippe Rubempré

Thomas Morales, Paris-Berry Nouvelle Vague, Éditions La Thébaïde, juin 2020, 108 p.

Ab hinc… 283

« Depuis que l’art est mort, on sait qu’il est extrêmement facile de déguiser les policiers en artistes. » – Guy Debord

Lectures juillet

  1. Le Camp des Saints – Jean Raspail
  2. M la Maudite. La lettre qui permet de tout dire – Jean-François Kahn
  3. Costa Brava – Eric Neuhoff
  4. L’idolâtrie de la vie – Olivier Rey
  5. Les vacances du petit Nicolas – Sempé/Goscinny
  6. Le petit Nicolas et les copains – Sempé/Goscinny
  7. Les récrés du petit Nicolas – Sempé/Goscinny
  8. Les Maîtres Censeurs – Élisabeth Lévy
  9. Va au Golgotha – Alexandre Zinoviev
  10. Le Chien debout – Sokal
  11. La Mort douce – Sokal

Ab hinc… 282

Krzysztof Pomian le 4 novembre 2009 lors du colloque international « Sortir du communisme, changer d’époque » organisé par Fondapol en partenariat avec la Fondation Robert-Schuman.

« [L’idéologie mondialiste et l’idéologie européenne] sont des idéologies libérales qui, certes, acceptent la démocratie pour ce qui est de la politique […] mais qui, en même temps, visent à soustraire à la politique, et donc à la démocratie, des domaines entiers et toujours plus étendus de la vie publique, en premier lieu l’économie prise dans un sens très large. Concernant ces domaines, elles accordent le droit décisif de la décision à des élites éclairées, en particulier à des bureaucraties étatiques et internationales, et c’est à celles-ci qu’elles destinent leur programme. À la différence du libéralisme du XIXe siècle, elles ne veulent pas éduquer le public, élever son niveau intellectuel et moral, afin de lui permettre de participer aux décisions en connaissance de cause. Elles ne lui demandent que de croire que l’avenir qu’elles proposent est le meilleur concevable et que le chemin censé y conduire qu’elles tracent est le seul possible. »

Krzysztof Pomian, « La vraie fin du XXe siècle », Le Débat, n°111, sept-oct 2000, cité in Élisabeth Lévy, Les Maîtres-Censeurs, Jean-Claude Lattès, 2002.

Le Librairtaire de Proust de Catherine Jeudy

Après des études de philosophie et un mémoire de maîtrise sur le théâtre, Catherine Jeudy crée la compagnie Théâtre du Vaste Monde, écrit et met en ombres Rêveries (spectacle de théâtre d’ombres et marionnettes), et met en scène la pièce de Jean-Claude Grumberg Maman revient pauvre orphelin.

Elle vient d’achever l’écriture de sa première pièce de théâtre.

Merci à elle d’avoir répondu à notre questionnaire de Proust revisité.

Quel est pour vous le comble de la misère ?
Être entièrement dépendant des autres et en avoir conscience.

VISAGE
(C. Jeudy )

Où aimeriez-vous vivre ?
Finistère sud, la mer en face. Et puis ici, hélas…

Votre idéal de bonheur terrestre ?
L’insouciance.

Pour quelles fautes avez-vous le plus d’indulgence ?
Celles des autres.

Vos héros de roman [et de théâtre] favoris?
La créature de Frankenstein (Mary Shelley), les enfants de Sa majesté des mouches (William Golding), Dalva (Jim Harrison), Long John Silver (Stevenson), Dom Juan (Molière), Richard III (Shakespeare).

Votre personnage historique favori ?
Marc Aurèle.

Vos héroïnes favorites dans la vie réelle ?
Les aides à domicile.

Vos peintres favoris ?
Jérôme Bosch, Pieter Brueghel l’Ancien, Le Caravage, Séraphine Louis, Gaston Chaissac, Jackson Pollock, Mark Rothko, Serge Paillard, Antonio Ligabue (les peintres naïfs « en général », je ne peux pas tous les citer), Hiroshige, Utamaro, Hokusai…

Votre musicien favori ?
Brassens.

Votre qualité préférée chez l’homme ?
La droiture.

Votre qualité préférée chez la femme ?
La droiture.

Votre vertu préférée ?
La petite.

Votre occupation préférée ?
Contempler imaginer écrire.

Qui auriez-vous aimé être ?
Le chevalier sans peur et sans reproche.

Le principal trait de votre caractère ?
L’attention, et la rêverie.

Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ?
Qu’ils soient eux-mêmes.

Mon principal défaut ?
Black dog.

Mon rêve de bonheur ?
La sérénité.

Quel serait mon plus grand malheur ?
Être enterrée vivante.

La couleur que je préfère ?
Le vert.

La fleur que j’aime ?
La pivoine, la violette de Parme.

L’oiseau que je préfère ?
La mésange bleue.

Mes auteurs favoris en prose ?
Maupassant, Molière, Charles Perrault, Truman Capote, Jim Harrison, Francis Scott Fitzgerald, Pierre Jourde, Olivier Maulin, Sorj Chalandon, Jean-Claude Grumberg, Michel Vinaver…

Mes poètes préférés ?
Rimbaud, Verlaine, Thierry Metz, La Fontaine.

Un livre à conseiller ?
Journal d’un manœuvre, Thierry Metz (Gallimard, L’Arpenteur)

« Une pelle, une pioche. Le manœuvre doit chercher avec ça, faire le tour, se perdre…

Un débutant : voilà ce qu’il est. Sa mémoire n’est qu’un filet d’eau, une source qui ignore le fleuve.

Ses mouvements sont simples : ceux d’un oiseau. Il monte, il descend, il ramasse des brindilles, de la paille, des écorces. Le tout-venant.

Pour cerner le domaine qui s’étend autour de son nom, il lui faut tracer un cercle avec ce qu’on lui donne : de la terre, des décombres, des pierres, des ordres, des morceaux de craie, des attentes, des fatigues…

De quoi méditer un jour. Pas plus. »

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/L-Arpenteur/Le-journal-d-un-manoeuvre#

Un auteur à découvrir ?
Thierry Metz, poète (1956-1997)

« Nous traversons chaque jour le regard de l’ange mais c’est plus loin, en marchant, que nous apercevons (sans demander pourquoi) l’urgence de sa quête, les quelques vestiges de l’être : bois sec, pierres qui bornent un feu, ces quelques étoiles qui nous font lever la tête. »

(Lettres à la bien-aimée, Gallimard, L’Arpenteur).

« Chaque mot écrit échappe à ce qu’il dit. On y retourne plus aveugle encore. »

« On cherche un habitant qui n’est plus dans la maison. Pourtant, n’est-ce pas lui qu’on aperçoit, à l’orée de ce qui est, ne sachant où il va, de dos, faisant un signe d’adieu ou de reconnaissance, un signe, c’est tout pour les jours passés, pour ceux à venir ?

N’est-ce pas l’homme qui penche, vu de trop loin maintenant, ou trop tard ? »

(L’homme qui penche, Éditions Une).

http://terreaciel.free.fr/poetes/poetesmetz.htm

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thierry_Metz

Un film ?
Le voyeur (Peeping Tom) de Michael Powell

Mes héros dans la vie réelle ?
Les pompiers de Notre-Dame de Paris.

Mes héroïnes dans l’Histoire ?
Helen Keller et Anne Sullivan, Billie Holiday, Zineb El Rhazoui, Christine Villemin.

http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19585443&cfilm=4887.html

Mes (pré)noms favoris ?

Ce que je déteste par-dessus tout ?
Les gens qui humilient.

Caractères historiques que je méprise le plus ?
Les démagogues, les arrivistes, les fanatiques.

Le fait militaire que j’admire le plus ?
Le débarquement des Alliés, sans doute…

La réforme que j’admire le plus ?
 ?

Le don de la nature que je voudrais avoir ?
Le pied marin.

Comment j’aimerais mourir ?
Comme Joseph Kessel : les yeux ouverts, en m’extasiant devant quelque chose de beau.

État présent de mon esprit ?
Espoir, inquiétude.

Ma devise ?

All work and no play makes Jack a dull boy. All work and no play makes Jack a dull boy. All work and no play makes Jack a dull boy…

Un souhait pour l’avenir ?
La paix !!

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