Journal d'un caféïnomane insomniaque
mercredi novembre 21st 2018

Insider

Archives

Introït

On n’écrit pas parce qu’on a quelque chose à dire mais parce qu’on a envie de dire quelque chose.

E.M. Cioran, Ébauches de vertige, 1979.

 

Lectures octobre

  • Le Fouet à Londres – Hughes Rebel

    Publié chez L’Association

  • Servir – Général d’armée Pierre de Villiers
  • Coney Island Baby – Nine Antico
  • La France interdite – Laurent Obertone
  • Les passagers du vent. Le sang des cerises (Livre I) – François Bourgeon
  • Destin français – Eric Zemmour
  • Le défi migratoire. L’Europe ébranlée – Jean-Baptiste Noé, avec les contribution de Olivier Hanne et Xavier Raufer, préface de Thomas Flichy de la Neuville

La chasse aux hommes – Paul Vialar

    S’ouvrant sur une chasse à courre tragique, s’achevant à la curée, La chasse aux hommes est une métaphore cynégétique de 940 pages des tréfonds de l’âme humaine. Non, l’homme ne naît pas bon, et il corrompt la société au moins autant qu’elle ne le corrompt.

Le comte Patrice de Viborne, grand chasseur à courre devant l’éternel, propriétaire d’un domaine en Sologne, décide de mettre fin à ses jours, en informe son épouse Angèle, et en communique les raisons ainsi que ses souhaits quant au devenir de sa femme. Suicide cynégétique, il va sans dire, qui nous plonge dans le destin de la famille de Viborne et de son entourage, du député Gardas au financier froid et méthodique Melhen, d’Enguerrand, fils ainé d’un premier lit sacrifié à la condition ouvrière à Angélique, la cadette qui hésite à entrer dans les ordres et au benjamin si sensible, Lambert. Leurs destins croisés sont explorés au fil des dix parties du roman, se tricotant et se détricotant en offrant un panorama des relations humaines dont Paul Vialar a le secret. Un canevas coloré de camaïeux, où rien n’est ce qu’il parait et tout, y compris les actes les plus froids, les plus calculés, les plus violents, tout se révèle dans la nuance.

Cette saga française s’achève aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, au coeur de la reconstruction et des luttes politiques issues de la Résistance. La galerie de caractères, particulièrement soignée et éloquente, n’est pas sans nous rappeler leurs avatars contemporains, soulignant la permanence et l’immanence de la condition humaine par delà le temps. Plongez avec Vialar dans cette chasse aux hommes, gibier ou chasseur au gré des situations, vous ne regretterez pas le voyage. Mutatis mutandis, il y a une ambition balzacienne dans ce roman réussi à la plume honnête et agile.

Philippe Rubempré

Paul Vialar, La chasse aux hommes, (Édition René Julliard, 1962),Éditions du Club France Loisirs, 1975, 941 pages.

Lectures septembre

  • L’Étrange suicide de l’Europe – Douglas Murray
  • Le Tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui – Pierre Adrian & Philibert Humm
  • Le Seigneur des Anneaux – J.R.R. Tolkien
  • Tarzan, la légende de la jungle – Edgar Rice Burroughs
  • La super-classe mondiale contre les peuples – Michel Geoffroy
  • Sparte et les Sudistes – Maurice Bardèche

Paradise Island – Lu Ping & Teufel

    Chloé gagne au jeu télévisé La Roue de la Chance – toute ressemblance avec un jeu de TF1 étant purement non-fortuite – un séjour pour deux dans un club de luxe sis sur Paradise Island. Quoique n’ayant réussi à dénicher aucune information sur ladite île paradisiaque, elle s’envole en compagnie de son amant, Tom, vers les vacances bien méritées, conquises de haute lutte télévisuelle.
L’arrivée sur l’île est quelque peu déroutante : une hôtesse fait le maillot de Chloé pendant qu’une autre accueille Tom à la mode de Saint-Claude. Le monde semble en chaleur sur cette île. De retour avec Tom dans leur chambre et constatant le grand remplacement de leurs affaires par une collection osée, Chloé décide de partir… Le pourront-ils ?
Soyons clair, il n’y a rien d’intello dans cette bande-dessinée pour adulte à la pornographie léchée (sic !). Le scénario, plutôt adroit pour une oeuvre du genre, est cohérent ; les dessins bien exécutés ; les scènes érotiques, éclectiques et à profusion, excitantes. Les ambitions des auteurs de cette agréable gauloiserie sont le divertissement et l’émoustillement de leur lectorat des deux sexes.
Toutefois, le choix d’un gain de jeu télévisé et le parallèle évident avec certaines émissions de téléréalité est révélateur – lapsus dessiné, sans doute – des véritables objectifs des promoteurs de temps de cerveau disponible : vous jeter en pâture à la populace pour leur plus grand profit sonnant et trébuchant, si possible en train de baiser en satisfaisant ainsi, cerise du le gâteau, leurs instincts pervers et voyeurs.
Aux amateurs assidus ou occasionnels de ce genre de programmes télévisés, à bon entendeur…

Philippe Rubempré

Paradise Island, scénario de Lu Ping, dessins de Teufel, et couleurs d’Angus, Éditions Glénat, coll. Drugstore, 2012, 48 pages.

The Boob Tube, un soap opera érotique, parodique, malicieux et délirant !

    La fièvre porcine actuelle témoigne du degré de folie atteint par certaines idées féministes. Réfractaire au principe de délation et amateur d’érotisme, il ne me déplait pas dans ce contexte de mettre à l’honneur des oeuvres qui nous rappellent que le sexe se doit d’être d’abord libre et joyeux, comme ici et encore .

The Boob Tube, la chaine (TV) des seins, illustre à merveille la gaudriole dans la bonne humeur partagée, festive et conviviale comme disent les promoteurs du vivre-ensemble depuis qu’ils ont assassiné la fraternité. Cette parodie érotique de soap opera est enlevée par une bande d’actrices et d’acteurs qui n’ont pas plus froid aux yeux qu’ils ne sont traumatisés d’avoir interprété un film pour adultes. Pas le moins du monde des victimes, n’en déplaise aux ceusses qui estiment (en quel nom ?) que prostituées et actrices pornographiques en sont nécessairement, même si elles l’ignorent.

Ce film de 1979 – une époque où les films érotiques avaient scénario, acteurs et budget dignes de ce nom – met en scène de façon hilarante l’installation d’un psychiatre généreusement doté par la nature dans une petite communauté de Californie. À peine arrivé, le pauvre homme est assailli par Selena Carpenter, voisine nymphomane délaissée par son mari ; lequel découvre les plaisirs sadiques en compagnie de sa secrétaire ; secrétaire dont l’amant, jaloux, infidèle et masseur, imagine une machination pour faire chanter ledit mari… Un charivari coquin pimenté par l’assistante et les clientes du masseur, une madame Stein obsédé par les parachutistes de l’armée israélienne, une ado de 16 ans avec un corps de femme et l’inévitable plombier ! Le tout, comme à la télé, entrecoupé de spots publicitaires tous plus délurés les uns que les autres.

The Boob Tube est un film érotique parodique décomplexé, joyeux, drôle, et bien interprété. Une curiosa à regarder seul(e) ou accompagné(e), qu’on soit à voile, à vapeur, cumulard, partouzard, cinéphile ou nanarophile. Divertissement réservé, cela va de soi, à un public averti. Saintes Nitouches, mères-la-pudeur, faces de carême, grenouilles de bénitier et autres peines-à-jouir de toutes obédiences, s’abstenir.

Spud Begbie

 

The Boob Tube, réalisation Christopher Odin, USA, 1979, avec John Alderman, Colleen Brennan, Elana Casey, Lyllah Torena… Réédition DVD Bach Film, 2009, collection « Sexploitation », 75 minutes, couleur, VOSTFR, format 1.85, public averti.

 Page 1 of 118  1  2  3  4  5 » ...  Last »