Journal d'un caféïnomane insomniaque
jeudi septembre 21st 2017

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Ab hinc… 259

12250014_10153397610213264_8337676879870658067_n    « Coeur qui as tant rêvé, / O coeur charnel, / O coeur inachevé, / Coeur éternel.

Coeur qui as tant battu, / D’amour, d’espoir, / O coeur trouveras-tu / La paix du soir.

Coeur tant de fois pétri, / O pain du jour, / Coeur tant de fois meurtri, Levain d’amour.

Coeur qui as tant battu, / D’amour, de haine, / Coeur tu ne battras plus / De tant de peine. (…) »

Charles Péguy

Lectures mai

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  1. Volia Volnaïa – Victor Remizov
  2. Un triomphe – Eric Neuhoff
  3. Chants d’ombre – Léopold Sédar Senghor
  4. Liz & Beth. Entrée de ses vices – G. Levis
  5. Qu’est ce que le conservatisme ? Histoire intellectuelle d’une idée politique –  Jean-Philippe Vincent
  6. Le crépuscule des idoles progressistes –  Bérénice Levet
  7. Éloges – Saint John Perse
  8. Une très légère oscillation. Journal 2014-2017 – Sylvain Tesson
  9. La cavale du Dr Destouches – Christophe Malavoy, Paul & Gaëtan Brizzi
  10. Le Monde de l’Éternité – M. A. Rayjean
  11. L’été 76 – Benoît Duteurtre
  12. La fête est finie – Olivier Maulin

Ab hinc… 258

ab-hinc-rubempre003    « Le degré le plus haut jusqu’où puisse s’élever un esprit médiocre, mais pourvu d’expérience, c’est le talent de découvrir les faiblesses des hommes qui valent mieux que lui. » – Georg Christoph Lichtenberg

Baden-Powell – Philippe Maxence

BP    Il faut saluer ici le merveilleux travail de Philippe Maxence : sa biographie de Baden-Powell incarne le fondateur du scoutisme avec brio, lui rendant un hommage vierge de toute forme d’obséquiosité ou de flagornerie. C’est un Baden-Powell vivant qui se dévoile sous la plume de l’écrivain.

Maxence retrace le parcours singulier du chef de tous les scouts, un parcours forgé par un contexte familial aimant mais complexe, marqué par les décès, notamment ceux du frère préféré de Robert Stephenson Smyth Baden-Powell, Auguste, et de son père, alors qu’il n’était âgé que de trois ans. Henriette-Grâce, sa mère, aura une influence déterminante sur BP, et ce jusqu’à sa mort. Les études ne sont pas le fort du jeune Robert, mais au collège de Charterhouse, il croise un maître, Haig-Brown, qui devient son ami, lui qui a compris qu’un enfant ne se résume pas à un carnet de notes.

Maxence revient ensuite longuement sur la carrière militaire de Baden-Powell, si déterminante dans la création future du scoutisme. De l’Inde à l’Afrique du Sud en passant par Malte, tout un pan de l’histoire de l’Empire britannique défile au gré des affectations et des guerres de Baden-Powell, où il déploie ses talents de comédien, chanteur, musicien, où sa ruse, son sens de l’observation et de la dissimulation seront de précieux compagnons.

La dernière partie de l’ouvrage est consacrée à la création du scoutisme, à ses débuts en fanfare qui deviennent rapidement erratiques, ses difficultés, ses querelles, ses succès, ses joies et ses amitiés indéfectibles, son extraordinaire développement à l’échelle de la planète. Philippe Maxence n’élude aucune question : des influences aux dissidences, des maladresses aux prouesses, c’est l’oeuvre d’une vie qui s’écrit, intrinsèquement mêlée à celle de la famille de Baden-Powell et à sa carrière militaire.

Il faut remarquer la richesse de la bibliographie et des annexes proposées, entre cartes, articles, biographies… Philippe Maxence enrichit sa biographie utilement, et les annexes seront lues avec profit… et j’ajoute plaisir.

Cette biographie tient à la fois du livre d’histoire, du roman d’aventures et du récit initiatique. Elle se lit d’ailleurs comme le meilleur des polars, et est composée par une plume agile, fluide et exigeante, Maxence faisant montre d’un réel talent pour la narration. Mais c’est surtout le portrait d’un homme avec ses forces et ses faiblesses, ses influences (Kipling, Conan Doyle…), ses admirations (John Dunn…), ses amitiés (Winston Churchill, Frederick Russell Burnham, McLaren…), qui a su se dépasser pour le plus honorable des services, essayer de rendre le monde un peu meilleur, en donnant de l’espoir et en montrant, par l’exemple de sa vie, que chacun d’entre nous peut y apporter sa pierre, aussi modeste soit-elle.

Philippe Rubempré

Philippe Maxence, Baden-Powell, Tempus, 2016, 500 pages.

Ab hinc… 257

ab-hinc-rubempre003    « Il n’y a plus de honte maintenant à cela : l’hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour des vertus. Le personnage d’homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu’on puisse jouer aujourd’hui, et la profession d’hypocrite a de merveilleux avantages. C’est un art de qui l’imposture  est toujours respectée ; et quoiqu’on la découvre, on n’ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l’hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d’une impunité souveraine. » – Molière, Dom Juan, V, 2.

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